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La burle hurlait. La neige
tourbillonnait. Le
silence de la maison tremblait du sifflement du vent sous la porte. Le feu chuintait.
Elle était assise devant la cheminée, la danse des flammes peignait
des ombres sur le visage de la vieille dame.. Tout près de l’âtre,
la souris grise, la tête
penchée en interrogations regardait les perles qui roulaient sur les
joues de la dame silencieuse … dans les ruelles du village, des voix
s’allumèrent, c’était la nuit de Noël, dans la maison, rien ne
bougeait, seules les larmes roulaient encore plus nombreuses ….. La vieille dame
pensait aux jours heureux, à ces jours peints de la fausse couleur de
la vérité, ces jours où elle construisait cette nuit si
particulière, cette nuit des enfants, de l’Enfant….
Souvenirs
des sapins lourds de boules et de guirlandes, placées à la fantaisie
de ses enfants, de paquets enrubannés par ses soins, de menus
élaborés avec tendresse, n’oubliant le plat préféré … Ce soir, la solitude
et la maladie, sa compagne, insistaient
plus que d’habitude, pesaient plus fort aux creux de ses mains
ouvertes en appels, en demandes… Ce soir encore, la
joie ne percera pas les murs, les volets clos à la vie. L’appel du sommeil
toujours, en évidence, implacable, opiniâtre …. La petite souris grise recueillit les perles de douleur, souffla tout doucement, les magnifiant en rubis, diamants, émeraudes. Elle déroula la toile de l’araignée brune, en fit un fil d’or, les pierres étaient si nombreuses que le collier courrait sur les murs, le plafond, les meubles. La fourmi bienveillante
ébauchait des fleurs de givre sur les vitres. Chaque note lancée par le grillon, l’âme du foyer, se posait en flamme sur chaque pierre … La lumière si forte, obligea la vieille dame à sortir de ses pensées .. Ses yeux
étonnés caressaient
les clandestins de la maison …. Un pâle sourire se dessina,
invitation au grillon, l’âme du foyer, à la souris grise, à l’araignée
brune, à la fourmi bienveillante à venir emplir le vide des mains,
le vide du cœur, à chasser les idées noires ……..
Dehors les voix faiblissaient, la vieille dame savait qu’au pays de quelque part, des enfants, ses enfants ………. dans la nuit de Noël, regardaient des tout petits ouvrirent les paquets enrubannés ……….. peut être qu’un jour, pour eux, dans la solitude d’une nuit de Noël un grillon, l’âme du foyer, une souris grise, une araignée brune, une fourmi bienveillante viendront combler l’absence ……
Maud Miran 17/12/2008
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Texte et voix de Maud Miran -
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